• 13 novembre 2015

    Juste parce qu'en j'avais besoin...

     

    Lundi 16 novembre 2015

               

                Cours d’anglais à 8h00 du matin. La professeure prend une bonne moitié de son cours à nous parler des évènements de vendredi soir.

                Ensuite vient le cours de mathématiques en anglais (décidemment). Tout se passe comme d’habitude, un peu moins de sourire mais l’on travaille, on parle même d’un projet de voyage. Ce n’est pas plus mal finalement. Il y a quatre garçons « populaires » au premier rang et je n’ai aucune envie qu’ils me voient pleurer.

                Après la récréation, on enchaîne sur un cours d’espagnol qui se passe normalement aussi. La professeure évoque simplement et rapidement les changements au lycée.

     

                Il est 11h00, on se dirige tous vers la salle de français. La professeure nous fait rentrer et la minute de silence commence. Comme à midi, c’est un peu plus compliqué, l’établissement a décidé de l’avancer d’une heure. Notre professeure nous annonce qu’elle ne force personne à la faire, néanmoins, tout le monde se lève et reste silencieux pendant une minute, chose presque irréelle dans ma classe. Elle nous demande ensuite si l’on souhaite en parler. Certains en ressentent le besoin, ce n’est pas mon cas, je ne fais pas parti de ces personnes qui ont besoin d’en parler. Mais je respecte leur choix parce que je sais que mes camarades sont assez intelligents pour débattre dans le respect et échanger leur point de vue sans avoir pour objectif principal de rater deux heures de cours. Cela doit faire à peu près vingt minutes que la professeure a commencé à répondre à nos questions, pas les miennes, celles des autres. C’est fou comme certains professeurs, dont celle que j’ai, savent manier les mots pour éclaircir ce genre d’évènement. C’est à ce moment là que je ne peux plus me retenir. Je m’étais promis de ne pas pleurer, tout simplement parce que je pleure rarement pour ce genre d’évènement. Evidemment ça me touche, mais je ne pleure pas… Mais là c’en était trop. Réentendre toutes les informations que j’avais pourtant soigneusement évitées tout le week-end c’était trop. J’ai pleuré pendant une bonne vingtaine de minutes. Le garçon à côté de moi connaissait quelqu’un qui s’y trouvait, lui ne pleurait pas. Il ne pleurait que très rarement m’a-t-il dit. La fille derrière moi pleurait également, j’ai cru comprendre qu’elle connaissait aussi quelqu’un qui y était. Moi je ne connaissais personne. Mais on n’a pas besoin de connaître les gens pour être ému. Je me suis alors rendu compte que c’était normal de pleurer, de verser des larmes. Mon voisin de classe me donne un mouchoir, il essaie de me réconforter en douceur. Je ne l’aimais pas tellement au collège et cette année j’ai réappris à le connaître et ce qui s’est passé ce matin m’a prouvé qu’il était réellement gentil. Il m’a donné comme conseil d’écrire tout ce qui me faisait mal sur papier… comme je n’aime pas écrire sur papier j’écris sur ordinateur tout ce qui me vient à l’esprit sur ma journée. Je me sens mieux. J’ai passé le reste du cours à discuter avec la fille qui pleurait derrière moi. Elle ne pleurait plus à présent, et me donnait des petits coups dans le dos. Je me suis retourné et j’ai cru comprendre qu’elle voulait penser à autre chose, on a alors parlé de tout et de rien, je lui ai raconté que j’étais le frère de Flash et elle m’a dit qu’elle était une gentille sorcière. Cela peut sembler débile de sourire et recommencer à rire pendant que d’autres parlaient d’évènements horribles à quelques mètres de nous mais je crois qu’elle comme moi avions besoin de nous changer les idées pour aller mieux. On devait malgré tout continuer à vivre et à aller mieux. Je crois que finalement, ces deux heures à en parler nous ont à tous fait du bien. L’ambiance dans la classe était plus détendue ensuite. J’ai ri au repas avec mes amis. Je me sentais débile mais dans ma famille, on pleure un bon coup pour tout extérioriser et après on reprend notre vie normalement. Ce n’est pas qu’on oublie, c’est juste qu’on essaie de continuer comme d’habitude. Tout le lycée était un peu comme ça l’après-midi. Certains étaient toujours tristes et c’est normal. On n’est a pas reparlé l’après-midi, ni même chez moi, de toute façon je crois que si mes parents avaient commencé à me poser des questions je serais parti. Et là je suis devant mon ordinateur à écrire tout ce que je ressens, tout se qui va mal grâce à ce conseil de mon voisin de classe. Je veux lui dire merci parce qu’il avait raison, maintenant j’ai extériorisé tous ce que je gardais en moi depuis samedi midi, quand j’avais enfin réalisé la gravité des choses…

     

     

    #Pray4Paris #JeSuisParis


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  • Commentaires

    1
    Mercredi 18 Novembre 2015 à 07:33
    *te fait un gros câlin*
      • Mercredi 18 Novembre 2015 à 14:01

        Merci... :'(

    2
    Mercredi 18 Novembre 2015 à 14:54
    C'est normal...
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